dansing

Quand la musique adoucit l’esprit du vin.

La musique a des pouvoirs sur les plantes.

Elle peut éloigner leurs maladies, améliorer la croissance des légumes et renforcer les vignes.

*Un documentaire de Lydia Ben Ytzhak. Réalisé par Anna Szmuc. Prises de son Jeremy Tuil. Mixage Jean-Louis Deloncle
* Radio France, 14.05.2017).

L’esprit du vin (Crédits : Anna Szmuc – Radio France)

On connaissait les vertus de la musique pour adoucir les mœurs. On s’était même laissé dire que les tomates rougissaient un peu plus lorsqu’elles étaient bercées par du Mozart. Michel Duhamel, lui, va un cran plus loin. Son petit air bougon, il ne faut pas s’y fier : lorsqu’il commence à expliquer comment fonctionne “la musique des protéines”, son regard s’éclaire, sa parole prend le ton de la confidence… S’appuyant sur les découvertes de physiciens, avec la société Genodics, il met la mécanique quantique au service de la biologie. Par les vibrations de la musique, ils réussissent à lutter contre les maladies de certaines plantes (champignons, virus, bactéries…), limitant ainsi l’usage des pesticides, surtout quand ils sont peu efficaces sur ce type d’affections des plantes.

1er épisode : La juste vibration pour que chantent les molécules

Joël Sternheimer, docteur en physique théorique et musicien (Crédits : Anna Szmuc – Radio France). “Les oiseaux chantent aussi pour les fleurs. Ce n’est pas pour rien qu’ils sont apparus ensemble dans l’évolution. Ils avaient quelque chose à se dire.”

Chacun sait que la musique agit sur l’humeur des humains et de certains animaux. Depuis les années 60, de nombreux chercheurs ont également observé les effets de certaines musiques sur la croissance de plantes. Nous irons à la rencontre de Joël Sternheimer, docteur en physique théorique et musicien, qui a proposé une explication de ces effets, permettant de les reproduire avec une précision moléculaire. Il fait entendre ces vibrations aux plantes sensibles à leur environnement sonore mais aussi aux humains qui, par une écoute attentive, peuvent en constater les différents effets. Ses recherches, depuis plus de 40 ans, ont montré que les différents niveaux d’organisation de la matière (inerte ou vivante) sont reliés par des « ondes d’échelle » qui en assurent la cohérence. Lors du processus de synthèse des protéines, les acides aminés émettent des séquences de signaux quantiques qui constituent une mélodie spécifique à chaque protéine. Les transpositions audibles de ces mélodies peuvent influer sur le taux de synthèse de ces protéines. En partant de cette base scientifique, Pedro Ferrandiz a développé des appareils diffusant de la musique au-dessus des vignes et des champs de courgettes ou de tomates. Moins mélodieuses que du Bach, ces compositions musicales ont l’avantage de lutter contre les pathologies des plantes. Si cette technique peut alimenter la moquerie de certains scientifiques avec son petit air “new age”, son meilleur argument est… que ça marche! Lorsque les agriculteurs qui attendent un certain retour sur investissements en redemandent, comme ce producteur de courgettes du domaine de l’Oustalet, dans les Bouches-du-Rhône, qui diffuse donc un peu de sa musique à ses courgettes tous les soirs depuis dix ans pour combattre les “virus de la mosaïque” s’attaquant à ses cucurbitacées, ou lorsque des résultats positifs sont également obtenus sur la réduction du botrytis sur des plants de tomates, on peut se dire que cette histoire particulière n’est pas qu’un joli conte de fées…